Chronique #35 - La tempête des échos, Christelle Dabos (La passe-miroir #4)

By Camille - janvier 19, 2020


Il ne va pas être facile de mettre des mots sur ce dernier tome. Je vais néanmoins me prêter à l'exercice, même si la tâche ne sera pas des plus aisées...

La Passe-Miroir, c'est une saga que l'on me conseillait depuis longtemps (très longtemps). L'été dernier j'ai fini par me laisser tenter : je suis entrée dans un univers absolument magique, construit à la perfection et qui avait tant de choses à me raconter. Aujourd'hui, c'est avec tristesse que je finis cette série. Elle ne m'a pas accompagnée sur plusieurs années comme pour certains, mais elle laisse néanmoins un souvenir vif dans ma mémoire et se place sans nul doute dans mes sagas préférées de tous les temps.

Vous vous en doutez alors, ce tome 4 ne m'a absolument pas déçue. Il apporte un point final grandiose à une saga majestueuse. L'imagination de Christelle Dabos est sans limite, il dépasse tout ce que vous pourrez jamais envisager. Les personnages se sont, durant chaque tome, articulés afin de nous donner des indices et des pistes, et même si j'avais quelques hypothèses, j'étais loin de trouver tout ce que nous réservait ce tome 4.

C'est une nouvelle aventure, et de nouveaux lieux uniques dans lesquels évolue Ophélie, qui permettent d'introduire cette fin. Les toutes dernières péripéties qui vous mènent, en même temps que l'héroïne, vers la vérité. Durant tout le roman, j'ai été perdue et déstabilisée. J'avais l'impression qu'on me donnait plein d'informations mais que je ne les comprenais pas, et même, j'avais le sentiment que toutes les clés étaient déjà entre mes mains et que je passais à côté du livre : la solution semblait déjà être donnée et moi, mauvaise lectrice, je n'en saisissais pas le sens. Et puis tout s'éclaire, tout se décante. Tout prend sens. Comme une clé de voûte qu'il vous manquait pour que toutes les autres clés soient utiles.

J'ai bien envie de vous parler de la saga entière plutôt que de ce tome quatre en particulier, par peur de vous spoiler ce dernier. Quand j'ai commencé la Passe-Miroir, j'ai lu, avec le tome 1, une histoire d'amour se déroulant dans un univers particulier et un peu fou. Beaucoup de rebondissements, des lieux que je n'imaginais pas, des personnages absolument fantastiques (petite pensée à Bérénilde et Archibald qui resteront mes préférés même si les tomes 3 et 4 leur ont laissé peu de place). Quand j'ai appris que c'était une saga de quatre tomes, je n'ai pas su vraiment qu'en penser : l'univers est vaste et possède un énorme potentiel. Oui, quatre tomes ne sera pas de trop pour tout exploiter. Mais une question restait quand même dans mon esprit : quelle intrigue ? Comment continuer à nous tenir en haleine pendant trois autres tomes ? Car le 1 pour moi nous introduit dans l'univers sans nous plonger dans sa folie, dans sa construction, dans sa structure. Le tome 2 commence déjà à nous montrer que la saga sera tellement plus qu'une histoire d'amour, proposant tellement plus que de simples péripéties : elle sera un système complet. Un peu comme si dès le départ vous aviez observé une horloge en la trouvant très belle et que, enfin, vous aperceviez le mécanisme de dingue qui opère derrière. Petit à petit, au fil des tomes, Christelle Dabos a enlevé les couches du récit qui empêchaient de voir le mécanisme qui se cachait derrière. Le tome 4, ce sont les rouages bruts. Sans fioritures. Tout s'imbrique.

Et c'est pour ça que je ne peux m'empêcher de vous dire aujourd'hui que, pour moi, la Passe-Miroir est un chef-d'oeuvre : elle a su dépasser nos attentes. Les tomes 3 et 4 m'ont laissée bouche bée simplement parce que dans les deux premiers tomes, je n'avais pas saisi toute la complexité de l'univers et je n'avais pas saisi jusqu'où Christelle Dabos pouvait nous emmener. Et c'est ça qui fait que cette oeuvre est si belle : parce qu'elle était inattendue. Nécessairement, elle ne plaira pas à tout le monde : parce que certains recherchent peut-être dans la fin de la saga ce qu'ils avaient aperçu au début, c'est-à-dire une histoire qui paraissait simple, dans un bel univers. La Passe-Miroir est tout sauf simple : c'est un esthétisme, une philosophie, une réflexion et un système tout à la fois.

Je sais déjà que je relirai la Passe-Miroir, car je sais qu'il y a de fortes chances pour que je ne vois plus de la même manière les tomes 1 et 2 désormais. Je crois, au fond, qu'ils nous servaient l'esthétisme sans que l'on aperçoive tout ce qu'il y avait derrière. Mais maintenant que j'ai la solution, maintenant que j'ai tous les éléments en tête, je me dis que Christelle Dabos avait forcément laissé des détails invisibles que je saurai désormais apprécier.

Si tout mon laïus n'est pas déjà assez clair, je préfère le réécrire noir sur blanc ici : lisez la Passe-Miroir.
Ce sont mes derniers mots.
Cam

Ps : si tu as fini la saga, je te conseille grandement le podcast de Wonder Factory que j'ai trouvé passionnant. Je l'ai écouté après avoir écrit cet article et beaucoup d'éléments allaient dans le sens de ma propre interprétation (attention, spoiler, à écouter uniquement si vous avez lu le tome 4 !) : https://www.youtube.com/watch?v=hNgxWAVvHZU

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1 commentaires

  1. Très belle chronique, je suis un peu plus nuancé que toi sur ce dernier tome. Peut-être n'ai-je pas bien compris, même si je suis assez d'accord sur le fait qu'on y voit les rouages bruts. Ça perturbe, et certaines idées sont vraiment "folles", c'est une saga dérangée qui change des autres !

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